L'enseignement ou le développement?

Article publié le 24 avril 2015

J'ai commencé ma carrière de développeur bien avant ma carrière d'enseignant. Le démarrage d'une carrière d'enseignant prend un certain temps, il faut être très patient. Au début, je n'enseignais qu'un seul cours par session, et pas à toutes les sessions. À cette époque, je travaillais comme développeur à temps complet et j'enseignais le soir (ou sur l'heure du midi).

Ça m'a pris environ 3 ans pour finalement avoir la chance d'enseigner beaucoup plus, c'est-à-dire de 2 à 3 cours stables par session. Le terme stable est discutable étant donné que je suis contractuel.

À partir de ce moment, j'ai commencé à m'interroger à savoir si je préfère l'enseignement au développement de logiciels et si je devrais quitter le développement pour ne faire que de l'enseignement. Plus tard, j'ai aussi eu la réflexion inverse, c'est-à-dire de quitter l'enseignement pour me consacrer à ma première passion, le développement de logiciels.

J'ai essayé les deux! Avant d'enseigner, je ne faisais que du développement. Il y a 4 ans, un événement a fait en sorte que j'ai voulu libérer mon horaire le plus possible et j'ai quitté temporairement le développement pour ne faire que de l'enseignement pendant une année complète. J'ai aimé les deux expériences, donc ça ne m'a pas beaucoup aidé à faire un choix.

À force de réfléchir et d'expérimenter, j'en suis venu à la conclusion que j'avais besoin des deux en même temps! Je n'ai pas envie de choisir et d'en sacrifier un! Je crois sincèrement que l'enseignement fait de moi un meilleur développeur, car ça m'oblige à rester éveillé aux nouveautés du marché. Je crois également que le développement fait de moi un meilleur enseignant, car ça m'alimente en anecdotes et ça me donne l'occasion de réfléchir sur les applications des notions que j'enseigne. Bref, les deux se complètent à merveille!

Il est impensable de faire les deux à temps plein, pour plusieurs raisons... Premièrement, l'épuisement professionnel n'est jamais quelque chose de bien. Deuxièmement, je n'ai pas l'intention d'être un fantôme dans ma famille, je dois donc libérer du temps familial. Le plus possible.

La meilleure solution que j'ai trouvé jusqu'à date, c'est d'enseigner à temps plein, soit environ 8 cours par année, et de faire du développement de logiciels à temps partiel, soit 3 jours par semaine. Je dois dire par contre que j'aimerais avoir plus de temps pour développer, mais je ne peux pas tout faire... C'est un problème sans solution. Ça me convient pour l'instant.


Comment je me prépare à une entrevue...

Article publié le 22 janvier 2013

Plusieurs personnes croient qu'il n'est pas nécessaire de se préparer avant une entrevue d'emploi, que l'employeur doit vous voir au naturel, car c'est ainsi qu'il vous verra travailler. Ce n'est pas faux! Mais si on considère que les entreprises veulent des employés méthodiques, rigoureux et travaillants, un minimum de préparation est de mise.

Je ne crois pas détenir la vérité absolue, ni même la meilleure façon de se préparer pour une entrevue. Je vais simplement décrire comment je me prépare pour une telle rencontre dans le but d'aider ceux qui ne savent pas comment s'y prendre. Ça fonctionne bien pour moi, peut-être que ça ne fonctionnera pas pour vous. Aucune garantie.

Vous avez déjà un premier pas de fait. Vous avez envoyé votre CV et il était suffisamment intéressant pour vous permettre de décrocher une entrevue. Célébration! OK, mais pas trop longtemps, on a du travail! Je prends quand même une petite Heineken pour célébrer cette petite victoire.

La première étape est d'apprendre à connaître l'entreprise. Ah oui! Des fois, on envoie nos CV un peu n'importe où, sans trop regarder, alors il est possible qu'une de ces entreprises vous contacte, même si vous ne la connaissez pas du tout. Bref, que vous la connaissiez ou non, prenez le temps d'aller sur le site web de la compagnie et d'y lire à peu près tout ce que vous y trouverez. Ensuite, vous aurez le plaisir de dire à l'entrevue «Ah oui, j'ai lu ça sur votre site web!»

Dans certains cas, c'est la seule chose que vous pourrez faire, lire le contenu du site web. Sinon, vous pouvez faire quelques recherches supplémentaires pour trouver des articles qui parlent de cette entreprise. Si l'organisation vient tout juste de gagner un prix quelconque, en glisser un mot à l'entrevue montrera que vous êtes bien renseigné.

Si vous avez la chance de connaître quelqu'un qui travaille pour cette entreprise, c'est merveilleux! Faites aller votre réseau de contacts. Contactez cette personne et posez-lui des questions sur l'ambiance de travail, sur ses collègues et sur les outils utilisés dans l'entreprise (langages de programmation, frameworks, etc.). Une vision de l'intérieur, c'est toujours bon.

Si votre contact vous parle d'outils que vous ne connaissez pas, c'est le moment idéal de vous documenter. Lisez rapidement sur ces outils. Si vous avez le temps, essayez-les! Téléchargez des versions gratuites ou d'évaluation et faites une petite preuve de concept avec ces outils. C'est le meilleur moyen d'en saisir l'essence rapidement. Ensuite, durant l'entrevue, si on vous demande si vous connaissez un outil, vous pourrez dire que vous ne connaissez pas l'outil en profondeur mais que vous l'avez essayé il y a quelques jours en vous préparant à l'entrevue. Décrivez la preuve de concept que vous avez faite. Ils seront surpris que vous ayez pris le temps de faire cette recherche.

C'est beaucoup de travail tout ça? Oui, évidemment. Je crois fermement que les efforts finissent toujours par payer. Si c'est trop de travail pour vous, ou que vous n'avez pas cette discipline, ne le faites pas. Vous finirez quand même par trouver du travail. Par contre, si vous voulez vraiment décrocher cet emploi, n'ayez pas peur de mettre des efforts. Et n'ayez pas peur d'échouer. C'est en échouant qu'on apprend le plus.


25 candidats pour un poste d'HTML

Article publié le 14 octobre 2012

Une petite anecdote que j'ai vécue lorsque j'ai terminé mon cégep et qui me fait toujours rire, même aujourd'hui.

En 2003, le marché du développement de logiciels n'était pas aussi intéressant qu'aujourd'hui à Montréal. À l'époque, il y avait plus d'offre que de demande et les emplois étaient plus rares. Du moins, les bons emplois étaient plus rares.

Fraîchement sorti du cégep avec mon DEC en informatique de gestion en poche, je me suis lancé dans la recherche d'un emploi à Montréal. Durant les premiers mois de ma recherche d'emploi, j'ai passé plusieurs entrevues dans diverses entreprises. L'une de ces entrevues m'a frappé plus que les autres.

Il s'agissait d'un poste bien peu intéressant, pour une entreprise qui développait un logiciel comptable. La tâche principal de ce poste était de prendre un formulaire papier du gouvernement et d'écrire un document HTML qui reproduit le plus fidèlement possible le formulaire papier original. En gros, du HTML et du CSS assez élémentaire. L'entreprise offrait 25,000$ par année pour ce poste et exigeait à l'employé d'être présent au bureau au moins 38 heures par semaine.

Le plus étonnant dans tout ça, ce n'est pas le faible salaire ou les tâches peu intéressantes, c'est définitivement la méthode de recrutement de l'entreprise. Mon entrevue a durée près de deux heures. J'ai eu droit à une entrevue complète en français et en anglais, à un test technique sur le HTML et finalement à un test de personnalité. Finalement, le recruteur m'a confié qu'il devait rencontrer 25 candidats au total pour ce poste.

Évidemment, je n'ai pas eu l'emploi. Par contre, encore aujourd'hui, je suis étonné par cette expérience. Une entrevue de 2 heures, bilingue, avec test technique et test de personnalité, multipliée par 25 candidats, pour un poste d'HTML élémentaire! Les coûts de recrutement de cette entreprise doivent être incroyables.

© Jacques Berger 2016